Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 15:37

 

La question de la demande est très importante quand les parents prennent la décision de consulter un psychologue pour leur enfant. Il est nécessaire de savoir qui demande et pour qui.


Ce travail de première analyse de la demande se réalise au cours du premier entretien et des entretiens préliminaires qui vont suivre.

 

Dans ce cadre, l'enfant et les parents vont exprimer ce qu'ils ressentent et ce qu'ils attendent de la consultation.

 

Ce qui va aider le psychologue à comprendre la situation familiale et à cerner d'où provient la demande afin de proposer l'accompagnement le plus adapté.

 

Je pense que cette question de la demande ne se traduit pas de la même façon en fonction de la personnalité de chacun et également de l'âge de l'enfant.

 

Il est difficile de donner des indications très générales car elles se décident en fonction de la singularité de la demande de l'enfant et des parents.

 

Cependant, on peut donner des points de repères pour les parents en disant qu'en général, avec les jeunes enfants, nous travaillons étroitement avec les parents et dans certains cas le psychologue travaille plus spécifiquement sur le le lien mère-enfant.

 

Un enfant à partir de 6 ans peut déjà avoir une demande plus précise et peut faire un travail seul avec le thérapeute.

 

Ce qui est important de comprendre c'est que le psychologue est tenu par le secret professionnel dans le cadre de la thérapie de l'enfant.

 

Cependant, il peut tout à fait travailler en lien avec les parents tout en respectant cette règle en les recevant pour faire le point par exemple.

 

Je pense qu'il est important pour les parents de comprendre qu'on ne peut pas obliger un enfant à aller consulter un psychologue s'il n'est pas d'accord.

 

En effet, ce travail psychologique que ce soit une consultation ou une thérapie se base  sur l'accord de l'enfant, qui en attend quelque chose pour lui même.

 

Quand cela se produit, que l'enfant montre et/ou exprime un refus de consulter dès la première rencontre, le psychologue prend en compte le refus de l'enfant et le respecte.

 

On ne peut pas conduire un travail avec l'enfant dans ce genre de situations. Il est important de l'expliquer aux parents tout en laissant la porte ouverte dans le cas où l'enfant s'ouvrirait par lui même à cette démarche plus tard.

 

Le fait de ne pas forcer l'enfant à consulter quand il le refuse va lui laisser la possibilité de s'approprier ou non cette demande et de faire éventuellement une demande d'aller consulter plus tard.

 

Par contre, on peut aussi entendre que les parents peuvent eux avoir besoin de cet espace de parole et d'écoute pour parler de leur enfant afin de trouver des pistes de réflexions pour l'aider.

 

Dans tous les cas, quelque soit l'âge de l'enfant, pour entreprendre une thérapie avec lui, il faut qu'il soit d'accord et qu'il soit en demande.

 

Il faut aussi savoir que ces thérapies ne sont pas non plus toujours longues et s'adaptent en fonction du besoin de l'enfant.

 

Enfin, il y a aussi des situations où la thérapie n'est pas nécessaire et où quelques consultations thérapeutiques aident à denouer les choses pour l'enfant et également au niveau de la dynamique familiale.

 

 

 

Par Céline B - Publié dans : Psychologie de l'enfant
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 16:04

Photos-centreloisirshandicap-copie-3.jpg

 

 

J'ai commencé à m'intéresser à cette question quand je travaillais en tant que psychologue au sein d'un IME de la région parisienne où ce sont les parents qui m'ont parlé de leurs démarches d'intégration de leurs enfants au sein des centres de loisirs.

 

Ces expériences en fonction des enfants se sont en général révélées très riches en terme de découverte et de socialisation.

 

Depuis, mon cheminement professionnel m'a amené à changer de pratique mais  je continue à travailler sur cette problématique de l'intégration des enfants handicapés en centres de loisirs dans un autre cadre qui est celui de l'animation de groupes d'analyse de la pratique auprès des professionnels de l'animation.

 

Cette pratique spécifique m'a permis de dégager des pistes de réflexion sur l'intégration des enfants handicapés en centres de loisirs dont je vais vous parler au cours de ce billet.

 

Les bénéfices de cette intégration sont certains pour l'enfant car cela lui  permet d'avoir un espace où il est dans le registre ludique bordé par un cadre avec des limites contenantes.

 

Ce qui est essentiel pour l'enfant, c'est qu'il n'y a pas la pression des notes ou des apprentissages.

 

Je prône l'idée qu'il est important que l'enfant qui a un handicap ait aussi des moments de loisirs et de détente et ne soit pas toujours dans une dynamique d'apprentissage et de rééducation.

 

Le centre de loisirs est un des moyens qui permet aussi à l'enfant de s'autonomiser par rapport aux parents en vivant des expériences et découvertes par eux mêmes avec les autres enfants et les animateurs.

 

Les médiations de sorties, d'activités, de jeux sont importants car cela permet aux enfants présentant un handicap de stimuler leur communication et leur relation à l'autre.

 

Ce que je trouve intéressant, c'est le fait que l'intégration de l'enfant se fasse de manière progressive en l'adaptant à ses besoins.

 

La plupart des enfants présentant un handicap et en particulier les enfants atteint d'autisme sont accompagnés de manière plus individuelle pendant le temps qu'ils ont besoin pour ensuite arriver à petit à petit à s'intégrer dans le groupe d'enfants en fonction de  leurs possibilités et de leurs capacités.

 

Ce qui est important, c'est de respecter le statut de sujet de l'enfant tout en l'aidant à progresser et à évoluer.

 

Il est aussi primordial qu'il y ait un travail de collaboration et de lien avec les parents avec les équipes d'animation, ce qui aide à l'intégration de l'enfant et à  ce qu'il se sente bien  dans le cadre du centre de loisirs.

 

Il est aussi important pour les équipes d'animation de travailler sur la juste distance à garder avec l'enfant pour qu'il ait un repère mais qu'il puisse aussi aller vers les autres enfants et les autres adultes.

 

Je pense qu'il y a aussi des difficultés et des limites dans l'accueil et l'intégration  de l'enfant handicapé quand celui-ci présente des troubles du comportement trop importants qui le mettent en danger et mettent en danger les autres enfants.

 

Cela me paraît aussi valable dans le cas des enfants qui ont d'importants problèmes de santé qui nécessitent à un moment le besoin d'un accompagnement plus médicalisé.

 

Le dernier point que j'aimerai aborder c'est la question d'accompagner les autres enfants. Souvent, les équipes me disent que c'est difficile de savoir comment leur expliquer.

 

Je leur conseille de répondre à leurs questions avec des mots simples et d'aider l'enfant avec un handicap à partager des moments avec eux ce qui permet la meilleure intégration.

 

Pour finir, je trouve que cette expérience d'animation de groupes d'analyse de la pratique auprès des équipes d'animation est très intéressante car elle m'apporte des nouvelles pistes de réflexions sur cette question tout en aidant les équipes à avoir une meilleure connaissance du handicap et à trouver un positionnement adapté à l'enfant et à sa problématique.




Par Céline B - Publié dans : Questions de parents
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 20 mars 2012 2 20 /03 /Mars /2012 15:20

relaxation.jpg

 

Cette question de la relaxation thérapeutique m'a toujours intéressé. J'ai été très contente de pouvoir en avoir un bon aperçu dans le cadre des journées de l'enfance de Saint Mandé auxquelles j'ai assisté samedi dernier. L'équipe du CMPP de Saint Mandé nous a présenté une intervention sur ce sujet en lien avec la thématique plus globale de la journée qui était quand le corps fait signe.

 

La relaxation thérapeutique d'orientation analytique a été théorisée par J Bergès. Elle se pratique en individuel ou en groupe. C'est une thérapie en soi qui relie les vécus corporels (tension/détente) et la mise en mots.

 

La relaxation thérapeutique se fait dans un cadre bien précis, accompagnée par des thérapeutes formés. Il y a tout d'abord des entretiens préliminaires pour verbaliser la demande de l'enfant. Les thérapeutes rencontrent également l'enfant durant la cure pour parler de ce qui ressort dans le cadre des séances. Ils prévoient également un entretien pour terminer la cure à la demande de l'enfant en accord avec le thérapeute.

 

La relaxation thérapeutique se différencie de l'approche de relaxation qui vise la détente corporelle mais qui n'est pas un travail thérapeutique en soi même si elle peut aussi avoir des vertus intéressantes.

 

Ce qui m'a également intéressé, c'est que dans le cadre de ce CMPP, les professionnels ont monté un groupe de relaxation thérapeutique auprès d'enfants qui ont des symptômes de mal être qui s'expriment par  le corps.

 

Ce groupe est animé par une psychologue et une psychomotricienne, ce qui permet d'enrichir l'approche par un double regard. C'est une pratique qui est tout à fait complémentaire avec une psychothérapie. Ce travail de relaxation peut aussi amener l'enfant à pouvoir parler de lui en psychothérapie.

 

Ce travail de relaxation thérapeutique est intéressant car il vise à aider l'enfant à trouver son propre chemin à l'intérieur de lui pour se détendre. Le fait que l'enfant puisse s'approprier son vécu corporel qui vise la détente en lien avec une mise en mots a un effet thérapeutique. 

 

C'est très intéressant car cette approche m'a fait pensé à des discussions que j'ai eu avec mon collègue ostéopathe qui me parlait des nœuds corporels qu'il pouvait détecter chez des patients adultes qu'il soigne. Ces noeuds qui se traduisent dans le corps sont associés à des traumatismes ancrés dans le corps. Cette approche est aussi complémentaire à un travail sur soi quand la personne en ressent le besoin et l'envie de poursuivre dans cette démarche.

 

Enfin, pour finir sur la relaxation thérapeutique, c'est un processus en soi qui permet de dénouer des nœuds afin de trouver par soi même une ressource intérieure.

 

Voilà quelques réflexions et associations libres qui me sont venues après ce colloque qui a été très riche en réflexions et en moments de convivialité.

Par Céline B - Publié dans : Psychologie de l'enfant
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 16:40

Bloc-notepsy



J'ai lu le livre Bloc-notes d'un psy de campagne écrit par mon confrère psychologue qui rédige le blog d'un psy.

 

J'ai été très enthousiasmée par ce livre car je trouve qu'il apporte une vision originale et très humaine du métier de psychologue en le rendant accessible tout en préservant sa complexité.

 

Ça m'a fait sourire car j'ai eu souvent au fil des pages un sentiment de déjà vu concernant des situations pratiques.

 

Cette lecture m'a aidé aussi à nourrir ma réflexion autour de ma pratique de psychologue auprès de mes patients.

 

Je pense que ce livre est intéressant pour tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à la psychologie ou se posent la question de savoir ce qu'est un psychologue et quelle aide il peut apporter.

 

C'est une lecture dans la droite ligne de son blogue : blogue d'un psy. Ce qui ne peut que nous réjouir.


Voilà le site du livre si ça vous intéresse : http://www.lulu.com/

Par Céline B - Publié dans : Le Coin Lecture
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 11:50


Image-émotion

 

Dès le plus jeune âge, l'enfant va acquérir de l'empathie vis à vis d'autrui en ressentant les émotions de l'autre comme étant les siennes.

 

Au fil de son évolution psycho-affective, l'enfant va apprendre à reconnaître les émotions de l'autre de manière plus fine.


Avant 4 ans, l'enfant pense qu'il y a une seule réalité mais commence à prendre conscience que l'autre peut avoir des émotions différentes des siennes.

 

A partir de 4-5 ans, l'enfant perçoit qu'il y a plusieurs réalités selon les points de vue différents des personnes.


La personnalité de l'enfant se construit à travers l'apprentissage des émotions, ce qui est à la base de la communication et de la relation avec l'autre.

 

Se rendre compte de ce que l'autre pense, anticiper sur ses actions ou ses réactions face à l'autre, être dans l'empathie, ces différents mécanismes de pensée se construisent dans l'enfance et sont à la base de la personnalité du sujet.


La personnalité de l'enfant se dessine à travers son contact et sa relation avec ses parents, son entourage élargi et avec les pairs de son âge.

 

Elle dépend aussi d'un facteur essentiel qui est la confiance en soi. La confiance en soi se définit par le fait que l'enfant s'apprécie, s'aime lui même et se sent à l'aise avec les autres en ressentant du plaisir à être avec eux.

 

En fonction de leur degré de confiance soi, les enfants vont engager des relations différentes avec les autres.

 

Il y a des enfants qui manquent de confiance en eux et qui vont avoir beaucoup de difficultés à aller vers les autres et à oser dire ce qu'ils désirent, demander quelque chose à l'autre.

 

Il y a des enfants qui ont plus confiance en eux et qui vont établir avec plus de facilité la relation avec les autres en étant par exemple dans la négociation en tenant compte du désir de l'autre mais en cherchant aussi à obtenir une satisfaction personnelle.

 

Pour ce faire, les enfants plus âgés vont utiliser le langage. Les enfants plus jeunes vont se faire comprendre autrement par le biais des gestes par exemple.


Ce qui est intéressant c'est de prendre conscience que même si la personnalité de l'enfant se développe très tôt en relation avec la perception des émotions, tout n'est pas joué durant l'enfance.

 

Il y a toujours une possibilité d'agir en cas de problèmes de confiance ou d'un sentiment de mal être... Il est important de comprendre qu'il est tout à fait possible d'aider l'enfant à se sortir de ces difficultés avec le soutien d'un spécialiste (psychologue/pédopsychiatre) si les problèmes rencontrés sont majeurs.


Je pense que la personnalité de l'enfant se construit aussi par le biais de l'apprentissage des limites que posent les parents à leurs enfants.

 

L'enfant apprend à gérer ses émotions par cette rencontre de la limite si le parent lui explique les limites à ne pas franchir en mettant en perspective le désagrément que son comportement peut causer à l'autre.

 

Il est surtout important de ne pas stigmatiser l'enfant mais plutôt de dénoncer son comportement pour l'aider à le modifier.


Enfin, il est également essentiel de souligner l'apport du jeu symbolique dans le développement de la personnalité de l'enfant et de la contruction de ses émotions.

 

Le fait de jouer ensemble entre enfants à la dînette, à la maîtresse d'école par exemple permet aux enfants de stimuler leur langage et de parfaire leurs apprentissages sociaux.

 

Par Céline B - Publié dans : Psychologie de l'enfant
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés